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Le Paris FC recevait le FC Nantes hier soir au stade Jean-Bouin pour l’ouverture de la neuvième journée de Ligue 1. Au terme d’un match accroché où l’on ne s’est pas ennuyé, le FC Nantes a dominé le Paris FC aussi bien sur le terrain que dans les tribunes. Les Nantais se replacent à la treizième place du classement et s’offrent une bouffée d’air frais. 

Une clameur, un éclat de joie. Non ce n’est pas le Paris FC qui vient d’ouvrir le score dans son antre, le stade Jean-Bouin, mais bien l’équipe visiteuse, le FC Nantes. Quatre-vingt-treize secondes de jeu, à la conclusion d’un centre en retrait, l’infatigable Youssef El-Arabi inscrit son deuxième but de la saison d’une frappe croisée du pied droit qui se loge dans le petit filet parisien. Le public explose, le parcage visiteur bien sûr qui regroupe les 700 Nantais ayant fait le déplacement mais aussi les tribunes avoisinantes. Un léger doute s’empare alors de nous : le FC Nantes joue-t-il à domicile ?

« On est chez nous »

Les amoureux des Jaunes et Verts ne sont pas des centaines mais en réalité des milliers dans les tribunes. Comme un seul homme, des milliers d’« infiltrés » laissent éclater leur bonheur, étonnés sûrement de voir qu’ils sont majoritaires dans les gradins. La réserve des premiers instants s’efface peu à peu, remplacée par un déferlement de chants nantais repris en chœur par tout le stade. Comme des enfants vainquant leur timidité, les Canaris franchissent la barrière et s’approprient cette enceinte parisienne. Des « on est chez nous » descendent des travées de Jean-Bouin et il faut avouer qu’ils n’ont pas tout à fait tort.

Le pauvre kop francilien, à l’opposé, semble impuissant, leurs encouragements étouffés par cette invasion nantaise que personne n’avait vu venir. Il faut dire que les partisans du club de la Loire-Atlantique, hors du parcage, se sont montrés discrets avant le coup d’envoi, interdits de porter un signe distinctif de leur équipe. Même lors de l’égalisation parisienne, à la 16ᵉ minute, par l’intermédiaire du défenseur central Samir Chergui, les ultras nantais n’ont pas baissé d’intensité vocale, rappelant au « rookie » parisien qu’il faut du temps et de l’expérience pour constituer un groupe aussi conséquent que la Brigade Loire. Les homologues adverses, les Ultra Lutetia et le FC Old Clan, n’ont cependant pas à rougir alors qu’ils ont vu leur nombre d’abonnés exploser suite au retour du deuxième club de la capitale en Ligue 1. 

À 1-1, les Nantais peuvent apprécier d’avoir un joueur aussi reconnaissant que Mathis Abline. Illuminant la 38ᵉ minute, comme pour les remercier d’être venus en si grand nombre, l’attaquant formé au Stade Rennais inscrit l’un des buts de la saison. Sur un ballon récupéré aux abords de la surface à la suite d’un corner, le numéro 10 contrôle de la poitrine et enchaîne d’une frappe surpuissante de volée qui termine sa trajectoire dans la lucarne opposée d’Obed Nkambadio. Sept-cents âmes, plus une multitude d’autres dispersées un peu partout, exultent. Paris est jaune et vert ce soir. Une série d’évènements étonnante a alors lieu : le gardien ligérien Anthony Lopes joue la montre et n’est pas sifflé, les tacles rageurs de Mathis Abline sont célébrés, les cartons jaunes parisiens sont applaudis…

Au coup de sifflet final, les vainqueurs communient avec leurs supporters pendant que les fans parisiens peuvent être soulagés : ce n’est pas tous les week-ends que l’on se coltine un peuple canari. 

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