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Alors qu’il se croyait qualifié après sa défaite à Bruges (3-0), l’Olympique de Marseille a été éliminé dans les ultimes secondes de la soirée européenne par un but improbable du gardien de Benfica face au Real Madrid. Un scénario cruel.

Il y a des soirs qui rappellent pourquoi le football occupe une place à part dans nos esprits. Pourquoi le football est si important, pourquoi il nous procure autant d’émotions, pourquoi on accepte les déplacements, les maillots achetés, les soirées devant un écran et les heures passées à scruter le mercato de son équipe, même au bord de la plage en août. Le football, souvent ingrat, rend parfois les sacrifices que nous faisons pour lui. 

Ce mercredi à 22h55, les fans de football ont vécu l’un de ces moments. Les supporters marseillais, eux, beaucoup moins. Battu sèchement 3-0 sur la pelouse de Bruges, l’Olympique de Marseille croit pourtant s’en sortir au coup de sifflet final. Les résultats sont favorables, la qualification semble acquise. Le club belge projette d’ailleurs sur ses écrans géants un message de félicitations aux deux clubs pour leur qualification. 

Trubin, le héros benfiquista

Mais à plus de 1 500 kilomètres de là, à Lisbonne, le destin s’apprête à décider du sort de l’OM. Au stade de la Luz, Benfica mène 3-2 face au Real Madrid et pousse pour inscrire le but qui l’enverrait en barrages… et éliminerait Marseille. À l’ultime seconde, sur un tout dernier coup franc exécuté par Aursnes, la saison marseillaise bascule. Le ballon semble rester une éternité en l’air, le temps se ralentit, juste assez pour comprendre que le coup de pied arrêté d’Aursnes est sacrément bien tiré. Puis, dans la surface madrilène, le gardien Anatoli Trubin monte et surgit au second poteau. Sa tête croisée, improbable mais parfaite, ne laisse aucune chance au gardien madrilène Thibaut Courtois. Quand le ballon embrasse les filets, le temps se réaccélère, on ne sait plus où regarder, on ne sait plus quoi penser. Dans une explosion d’émotions, on se dit que Marseille est maudit, que l’histoire est un éternel recommencement, du moins depuis ces dernières années. 

Le scénario est tellement marseillais. Encore qualifiés à la dernière seconde du dernier match, les joueurs marseillais voient leur rêve s’envoler sur un but d’un gardien qui, trois minutes auparavant, ne savait pas qu’il fallait un but supplémentaire et gagnait du temps afin de conserver le score de 3-2. Quelle était la probabilité ? Sûrement infime. Mais quand l’OM rentre dans l’équation, les probabilités perdent leur sens. Les Marseillais avaient eux-mêmes ouvert la porte à ce dénouement en s’inclinant lourdement à Bruges, un adversaire direct. Ils se sont retrouvés dépendants des autres résultats.

Dans les dernières minutes de leur propre rencontre, alors qu’ils se croyaient qualifiés, les joueurs marseillais n’ont même pas cherché à inscrire un but et ont joué le 3-0. Ils ont conservé le ballon sans conviction, multipliant les passes entre défenseurs dans leur moitié de terrain. Des images irréelles, devenues terribles quelques instants plus tard. Marseille sort de la Ligue des champions avec le sentiment amer d’avoir laissé son destin entre les mains des autres, d’un gardien cette fois-ci.

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