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Le film « Marty Supreme », avec Timothée Chalamet, sort ce mercredi 18 février. Une aubaine pour la Fédération française de tennis de table qui entend sappuyer sur sa popularité pour promouvoir sa discipline en France.

Le temps d’un week-end, le cinéma MK2 Bibliothèque à Paris (XIIIe arrondissement) s’est transformé en salle de ping-pong, pour célébrer la sortie du film « Marty Supreme », avec Timothée Chalamet, en salle ce 18 février. Trois tables alignées, un radar de vitesse, et une animation en réalité virtuelle ont été installés pour attirer les curieux et faire découvrir la pratique du tennis de table au plus grand nombre.

Un tournoi au cœur d’un cinéma ? L’initiative originale a séduit près de 70 participants, ce samedi, pour la partie réservée aux non-licenciés. Une idée de la Fédération française de tennis de table (FFTT), avec son partenaire Cornilleau ainsi qu’avec les cinémas MK2 et le distributeur du film Metropolitan Films.

« Notre but, c’est de faire découvrir la pratique du tennis de table au plus grand nombre, résume Pierre-Julien Thiébaut, directeur marketing de la FFTT. Plus les gens jouent au tennis de table, mieux c’est pour nous. On sait qu’il y a environ six millions de Français qui jouent occasionnellement, mais pas forcément en club », ajoute-t-il.

Dans une ambiance familiale et décontractée, les participants, de tout âge, s’affrontent peu importe leur niveau. Entre les compétiteurs acharnés en tenues complètes de pongiste et les « touristes » en jean et en polo, le décalage est parfois amusant. Certains se plaignent du parquet glissant, d’autres de la qualité des raquettes… Toutes les excuses sont bonnes dans ce tournoi à élimination directe qui reste bon enfant.

Alain, dirigeant au CSLG Kellermann, un petit club de tennis de table du XIIIe arrondissement de Paris, et doyen du tournoi, est éliminé dès le premier tour, non sans mérite. « Je n’avais pas le droit d’utiliser ma propre raquette, je n’avais pas mes repères », s’amuse-t-il, avant de retenir « le plaisir et le partage » du moment.

70 personnes s’étaient réunies au cinéma MK2 Bibliothèque à Paris et se sont affrontées dans un tournoi ouvert à tous.

Rebondir après la « Lebrun mania »

Plus d’un an après les Jeux olympiques et la « Lebrun mania », c’était le défi à relever pour la FFTT : faire revenir le tennis de table sous les projecteurs… grâce au cinéma. À la faveur de la sortie en France, ce 18 février, du film « Marty Supreme », porté par l’énorme campagne de promotion assurée par sa star Timothée Chalamet, la FFTT espère prolonger l’élan populaire né durant l’été 2024.

Pourquoi « Marty Supreme » ? Déjà nommé dans plusieurs catégories aux Oscars et récompensé par trois nominations aux Golden Globes, le film de Josh Safdie, inspiré librement de la vie de Marty Reisman, légende américaine du ping-pong devenue champion du monde à plusieurs reprises, raconte l’ascension d’un jeune joueur dans les années 1950, à une époque où ce sport n’était pas très populaire.

La FFTT a donc essayé de surfer sur la vague créée par le film pour continuer à dépoussiérer l’image du ping-pong. La fédération a franchi un cap historique avec plus de 250 000 licenciés pour la saison 2024-2025, contre 183 000 l’année précédente. Une hausse largement liée à l’effet des frères Lebrun aux JO, mais que la sortie du film pourrait encore amplifier.

« L’image plus hollywoodienne, plus glamour, peut donner envie »

La fédération ne s’attend pas à un impact aussi fort que celui des Jeux olympiques, mais croit à un nouvel élan. « Je ne pense pas que l’effet puisse être comparable à celui des frères Lebrun. Les JO ont touché énormément de monde, en été, à un moment clé pour les inscriptions. Mais il y aura un effet, on l’espère, sur des publics différents », estime Pierre-Julien Thiébaut.

La FFTT espère notamment séduire davantage de jeunes filles, qui ne représentent aujourd’hui qu’environ 20 % des licenciés. « L’image plus hollywoodienne, plus glamour, portée par Timothée Chalamet, peut donner envie à d’autres profils de pousser la porte des clubs », estime le dirigeant. Au-delà du film, la fédération espère un changement plus large, avec l’émergence de bars à ping-pong à la mode, ou la sortie du nouveau magazine qui se veut branché, « Ping Pang Effect ».

Après le cinéma, l’opéra

« Le ping est depuis longtemps un loisir, un sport qu’on peut pratiquer quel que soit son âge ou sa condition physique. Pendant longtemps, ça n’a pas été le sport le plus tendance. Avant, certains jouaient sans oser se revendiquer pongistes, reconnaît Pierre-Julien Thiébaut. Aujourd’hui, c’est devenu cool de pratiquer le tennis de table. »

Le ping-pong est-il sorti des campings pour devenir branché ? Le phénomène semble en tout cas s’étendre. Après le cinéma, la petite balle est aussi en vedette… à l’opéra. « Nixon in China », l’opéra de John Adams, sera à l’affiche à Bastille à partir du 20 février. Une œuvre qui relate le voyage du président américain en Chine et « la diplomatie du ping-pong » dans les années 1970. Quand le tennis de table était déjà au centre du monde…

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