Alors qu’Emily Harrop disputait la finale du sprint de ski alpinisme, plus de 70 personnes se sont réunies dans une fan zone improvisée au coeur de Paris dans le magasin Millet. Objectif : soutenir la Française, finalement médaillée d’argent, battue de peu par la Suissesse Marianne Fatton.
Il est un peu plus de 12h30 lorsque la fanfare « La Bande à Paname » joue ses premières notes dans la boutique Millet du 6e arrondissement. Tambours, trompettes et le refrain d’une chanson repris en boucle : « Dans les yeux d’Émilie », clin d’œil au prénom de la sextuple championne du monde et favorite pour l’or. En quelques minutes, l’ambiance monte. Le magasin devient une véritable fan zone improvisée en plein Paris.
Au centre de la boutique, un écran a été installé pour suivre la course. Autour, un buffet composé de tropéziennes, petits fours et boissons permet de patienter entre la demi-finale et la finale.
« L’idée, c’était de rassembler des passionnés de ski, de montagne et des Jeux d’hiver pour vivre un moment un peu unique en transformant cette boutique en fan zone », explique Raphaël, l’un des organisateurs de l’événement.
La demi-finale fait monter la température
À plusieurs centaines de kilomètres de là, sur les pentes du Stelvio, Emily Harrop s’élance pour sa demi-finale. Elle se qualifie facilement pour la finale olympique. À Paris, la fan zone vibre. Les clappings s’enchainent au rythme de la fanfare, tandis que les pancartes géantes à l’effigie de la championne sont brandies au-dessus de la foule.
À travers cette demi-finale, le public découvre le format sprint du ski-alpinisme. La Française part skis aux pieds, équipée de peaux de phoque collées sous ses skis pour accrocher la neige en montée. Sous les encouragements de la fan zone, elle se faufile ensuite dans un parcours en zigzag où elle creuse l’écart avant de s’élancer dans une descente maîtrisée.
Un public novice mais conquis
Parmi les spectateurs, beaucoup découvrent le spectacle proposé par cette discipline. Des étudiants du ski-club Paris-Dauphine, de l’ESCP Business School, ou des simples invités de la marque sont présents pour soutenir la Française. « On a ramené toute l’équipe pour mettre l’ambiance », sourit un étudiant du ski club de Paris-Dauphine, reconnaissable à son t-shirt à l’effigie de son club. « On est venus par curiosité et on se retrouve à crier devant un écran », résume-t-il efficacement. Un autre avoue, mi-amusé : « Je suis venu pour la soutenir… et pour le buffet. »
Devant l’écran, les réactions oscillent entre surprise et fascination. « Je ne pensais pas que c’était aussi intense, on dirait un mélange entre du ski et de l’athlétisme », observe Antoine, étudiant de l’ESPC Business School.
« C’est impressionnant, il y a un mix de tout, ils enlèvent leurs skis, les remettent sur le dos… On ne s’attendait pas à ça », ajoute-t-il.

Inspirée des fan zones de Paris 2024, l’initiative est inédite pour la marque, sponsor de la Française « On a envoyé une invitation à notre fichier client et 70 personnes se sont inscrites. On ne s’attendait pas forcément à autant de monde », reconnaît Raphaël.
L’objectif dépasse la seule performance sportive. « On veut faire parler de cette nouvelle discipline et de cette athlète, mais aussi raconter l’histoire d’une marque centenaire qui soutient des aventuriers et des sportifs de montagne depuis un siècle. »
Une ferveur qu’Emily Harrop ignore encore
Des fan zones similaires ont été organisées à Annecy, au siège de la marque, et à Courchevel mais la Française s’est mise dans sa bulle ces derniers jours et n’est, à priori, pas au courant de tout ce qui a été mis en place. « Elle sait que sa famille est au bas de la piste, mais elle ne sait pas qu’à Annecy, Courchevel et ici à Paris, des groupes de fans sont réunis pour la soutenir. Ce sera une surprise pour elle », sourit Raphaël.
La finale est vécue debout, serrés les uns contre les autres, à pousser la Française jusqu’à la ligne d’arrivée. Emily Harrop décroche finalement la médaille d’argent. Petite déception dans la fan zone qui s’imaginait célébrer l’or. Les encouragements retombent, mais la fanfare repart de plus belle et entonne une dernière fois « Dans les yeux d’Emilie » pour couvrir les soupirs de déception.
