Au terme d’une finale de Supercoupe d’Espagne riche en rebondissements, le FC Barcelone s’est imposé face au Real Madrid, remportant un nouveau trophée et scellant le sort de Xabi Alonso, entraîneur merengue en sursis.
Au réveil, ce dimanche 11 janvier, Xabi Alonso le sait. Son destin se joue sur cette finale de Supercoupe d’Espagne. Une victoire, et l’entraîneur merengue s’offre un sursis. Ce Clasico est synonyme de dernière chance, l’occasion pour le manager espagnol de redorer un passage sur le banc du Real pour l’instant terne et sans relief.
Raphinha frappe le premier
Privée de Kylian Mbappé au coup d’envoi, annoncé forfait pour trois semaines mais finalement présent dans le groupe une semaine seulement après sa blessure, son équipe commence mal son match. Le FC Barcelone confisque le ballon, sans être réellement dangereux pour autant. La première alerte pour le Real intervient lorsque Raphinha, lancé dans le dos des défenseurs madrilènes, se présente face à Thibault Courtois. L’occasion est manquée, mais l’avertissement est clair. Depuis la saison dernière, mieux vaut éloigner l’ailier brésilien de la zone de finition, auteur de 34 buts et 26 passes décisives sur l’exercice 2024-2025. À la 26e minute, il ne pardonne pas. Servi en profondeur par Fermín López, Raphinha ajuste Courtois d’une frappe croisée millimétrée qui finit dans le petit filet. Le Barça ouvre le score.
Alonso, alors au bord du précipice, peut compter sur un Vinicius vintage. Deuxième malheureux au Ballon d’Or 2024, l’attaquant brésilien renaît à Djeddah, en Arabie Saoudite. Sur un numéro de soliste, il élimine aisément Jules Koundé d’un petit pont avant de se jouer de Cubarsi et de tromper Joan Garcia d’un tir en finesse du pied droit. 1-1, Alonso respire à nouveau.
Le match s’emballe, les espaces se multiplient, au grand bonheur des ailiers présents sur le terrain. Dans le temps additionnel de la première période, Robert Lewandowski redonne l’avantage au FC Barcelone d’un superbe piqué de l’extérieur du pied droit. Mais les Catalans restent friables défensivement. Deux minutes plus tard, la rencontre bascule dans la folie. Sur un corner de Rodrygo, la tête d’Huijsen s’écrase sur le poteau après un sauvetage in extremis de Raphinha, décidément dans tous les bons coups. Le ballon revient sur Gonzalo Garcia, titularisé en l’absence de Mbappé, qui conclut sous la barre. 2-2 à la pause, les acteurs nous accordent quinze minutes pour souffler, s’hydrater et reprendre nos esprits.
La seconde mi-temps se joue sur un rythme moins effréné, plus équilibré aussi. Les protégés d’Hansi Flick lâchent un peu le ballon, le Real se procure davantage de situations, toujours par l’intermédiaire d’un Vinícius intenable. Sentant les espaces se libérer dans le dos des défenseurs blaugranas, Xabi Alonso abat sa dernière carte à la 76e minute : Kylian Mbappé. Mais le symbole est cruel. Au moment où le numéro 9 français s’apprête à entrer, Barcelone frappe à nouveau. Raphinha, encore lui, profite d’un tir contré plein de réussite pour donner l’avantage aux siens.
Le plan d’Alonso, profiter des espaces laissés par les Barcelonais, vient de se dissiper. Le Real pousse malgré tout, se procure quelques situations, jusqu’à cette ultime occasion, à la 95e minute. Alberto Carreras, seul en pleine surface, a le destin de son entraîneur au bout du pied. Surpris, peut-être, de se retrouver si libre, le gaucher se précipite. Sa frappe écrasée termine dans les gants de Joan Garcia. Sur le banc, Xabi Alonso se laisse tomber, puis se rassoit. On lit sur ses lèvres : « c’est fini ». Le match l’est. Son aventure madrilène aussi.
La rupture avec le vestiaire
Le Real Madrid a toujours placé son institution au dessus des joueurs. Le contrat tacite est connu : « Nous ferons de toi un demi-dieu. En échange, tu seras toujours inférieur au club ». Ces derniers mois, cet équilibre semble rompu. On ne sait pas tout du vestiaire, mais Xabi Alonso ne semblait plus soutenu par ses joueurs. Les principes de jeu de l’Espagnol, aperçus au Bayer Leverkusen, ne se sont jamais importés au Santiago Bernabeu. À la fin du match, alors que l’ex coach du Bayer Leverkusen demandait à ses joueurs de venir respecter la traditionnelle haie d’honneur au vainqueur, ses joueurs refusaient et rentraient au vestiaire, dernière désobéissance d’un groupe qui n’a jamais semblé en accord avec son leader de vestiaire.
Le lendemain, Xabi Alonso quitte le Real Madrid d’un « commun accord ». Il aura échoué dans son club de toujours. Peut-être reviendra-t-il un jour dans un Real qui aura réaffirmé que l’institution passe, encore et toujours, avant tout. En attendant, la mission de son successeur, Álvaro Arbeloa, sera de sauver une saison déjà bien mal embarquée.
